Les grandes Femmes dirigeantes par le GoodFestival: Impressions

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J’entre dans le casino de Montbenon, n’étant pas encore sûre à cent-pour-cent d’être au bon endroit comme ça m’arrive souvent. Je suis accueillie par des personnes souriantes et une atmosphère chaleureuse. La dame qui contrôle mon billet a sur son bureau du matériel de dessin pour les enfants présents à l’événement. J’entre dans l’auditorium pour prendre place et alors que les gens commencent à entrer, je suis frappée par la diversité du public. Des hommes et des femmes de tous âges et de toutes les origines sont là pour assister aux conférences. Avant de s’assoir à côté de moi, une femme se présente. Je me sens bienvenue et impatiente d’écouter les présentations.

Conférence: Personnalités modèles et records à battre

Sylvia Poll

Sylvia Poll, la première médaillée olympique du Costa Rica est montée sur scène pour parler de son expérience de nageuse dans un pays ou la natation était loin d’être populaire. Au fur et à mesure qu’elle s’améliorait elle ne recevait que peu de soutien du gouvernement. Elle raconte que sa piscine n’était pas chauffée et qu’elle devait continuer ses cours aux horaires standards ce qui la forçait à se lever à trois heures du matin tous les jours pour s’entrainer avant d’aller en cours. elle poursuit en expliquant ce qu’elle a fait de sa vie depuis qu’elle a décidé de prendre sa retraite en tant que nageuse à l’âge de vingt-quatre ans – et beaucoup serait peu dire (Elle travail aujourd’hui à l’ITU).

Voici quelques leçons que Sylvia Poll a appris du sport et qu’elle conseille d’appliquer:

  • Il y a de la valeur à gagner comme de la valeur à perdre. Faites preuve de suffisamment d’humilité pour aborder la défaite et l’utiliser pour devenir meilleur.e.x.
  • Il est bon d’avoir des buts bien définis pour lesquels on s’efforce à aller de l’avant.
  • On ne nait pas avec de la discipline, elle s’apprend. Poll s’est entrainée durant 8 ans pour atteindre sa performance Olympique de 1:57.68. Elle ne s’entrainait pas pour l’argent, mais pour atteindre son but et faire vivre sa passion.
  • chaque victoire est un travail d’équipe. Elle n’aurait pas réussi sans sa mère qui la conduisait à ses entrainements, sans son coach, ou ses comparses nageur-euse.s et sans ses camarades de classe qui prenaient des notes pour elle lorsqu’elle devait louper un cours. Tenez compte de chaque membre de votre équipe.
  • Un bon chef conduit par l’exemple, vous ne pouvez pas attendre de votre équipe quelque chose que vous ne pouvez pas attendre de vous même. Être un modèle est un travail à plein temps et vous ne savez jamais qui vous regarde et reproduit ce que vous faites.

Les modèles de Sylvia incluent sa mère (c’est quelque chose que beaucoup d’intervenants partageaient) et la première femme présidente du Costa Rica, Laura Chinchilla Miranda.

Présentation: Les grandes Femmes dirigeantes et la résilience

Biliana Vassileva, Floriza Gennari, Katherine Schlinder, Nikia Brown, Lelia Weyrich

Biliana Vassileva est la fondatrice de la Swiss Failure Akademy dont le but est d’aider les gens à accepter leurs échecs. Les cinq femmes du panel ont chacune raconté une histoire de leur vie qui illustre leur résilience face aux difficultés et ce qui les a aidé à l’être. Voici leurs conseils :

  • Leila: Travaillez en équipe et poussez-vous les uns les autres. Remettez-vous en à votre famille (elle parlait ici spécifiquement de sa mère). prenez du recule face à vos problèmes.
  • Nikia: Vos attentes et vos plans ne seront pas toujours satisfaits. Soyez flexible, essayez de nouvelles méthodes, soyez investi dans ce que vous faites.
  • Katy: Ne vous posez pas trop de questions si vous voulez convaincre des gens. trouvez des partisans à votre cause. apprenez quelles parties d’un feedback vous devez prendre en compte et apprenez ne pas prendre les feedbacks comme des attaques personnelles.
  • Floriza: Même dans une position privilégiée, c’est votre droit de ne pas vous sentir bien. Soyez gentil et éprouvez de la compassion pour vous-même. N’ayez pas peur ou honte de demander de l’aide si vous en avez besoin. Ayez une vision de votre objectif que vous pouvez utiliser pour vous motiver. Avancez par petits pas. Trouvez ou créez un environnement qui vous est propre.
  • Biliana: Dites non lorsque c’est nécessaire. N’essayez pas d’être partout en même temps. Pour Biliana, les périodes durant lesquels elle disait oui à tout étaient certes joyeuses, mais elle s’y est sentie perdue. Les temps durant lesquels elle disait non étaient durs, mais l’ont aidé à grandir.
    Biliana a demandé à l’audience de faire une chose durant ces présentations, cela semblait étrange de prime abords mais ça a finalement vraiment amélioré l’expérience de mon point de vue. Elle nous a demandé de claquer des doigts si un.e panéliste disait quelque chose avec lequel nous étions d’accords. C’est une belle manière non-dérangeante de valider les propos de l’intervenant.e et de l’encourager.

Conférence: Mon parcours en leadership: ce que j’ai appris sur le tas

Jana Walker

Ce qui s’est remarqué concernant Jana durant son intervention est cette confiance qui émanait d’elle. Elle nous a parlé des situations et des commentaires désagréables auxquels elle s’est heurtée durant sa carrière, le tout avec le sourire et aucune hésitation dans la voix.

Jana Walker est actuellement la PDG de SwissPrimePack, et elle nous a parlé des pierres angulaires qui ont d’après elle donné forme à sa carrière. Elle a commencé ses études en Slovaquie ou les mères qui l’entouraient travaillaient sans exception. Lorsqu’elle s’est mariée et est arrivée en suisse, elle a effectué un second diplôme de l’université de St.-Gall. Elle a également souligné qu’elle était devenu mère relativement tôt, et a donc commencé sa carrière quand ses filles ont eu respectivement 3 et 5 ans. Dans un environnement propice à la discrimination, elle a toujours tenu bon et s’est rattachée aux faits objectifs qui jouaient en sa faveur.
Elle a terminé sa présentation en rappelant: « Aucunes de ces histoires ne seraient arrivées si j’étais un homme ».
Elle pense que certaines mesures devraient être mises en œuvre dans la loi (particulièrement l’égalité de revenu) et que la culture a encore besoin de changement:

Court-métrage: Antonia, Mare Advertencia Lirika

Maria Fernanda Galindo

Deux portraits de femmes mexicaines explorant des carrières et des parcours de vie typiquement masculins. Antonia a décidé que la vie de couple typique que sa famille souhaitait lui voir mener n’était pas pour elle, et elle l’a abandonnée pour devenir pilote. Mare Advertencia est une rapeuse qui écrit pour faire entendre la voix des femmes et leur donner du courage.

Présentation: Les Héro.ïne.s méconnu.e.s

Mary Mayenfisch, Adam Polka, Marthe Dehli, Agota Balai, Angela Steck, Ruby Bakshi Kurdi

Mary Mayenfisch était la modératrice de cette présentation et a posé quelques questions aux autres intervenant.e.s. Avant cela, elle a expliqué qu’elle avait demandé à chaque participant.e de se présenter avec ses propres mots, et que beaucoup d’entre elleux avaient inclus leur âge et/ou combien d’enfants iels avaient. Elle a déclaré que c’était une chose qu’elle n’aurait jamais faite par crainte d’être stéréotypée, et a ajouté qu’elle pensait que c’était une bonne chose que les panélistes aient décidé d’inclure ces facteurs, d’après elle: nous devons tous cesser d’avoir peur d’évoquer certains aspects de nos vies.

La première question posée par Mary était : « Pourquoi pensez-vous être une héroïne ou un héros? ». Un point est apparu à plusieurs reprises au cours de la discussion : il est très difficile de se qualifier soi-même d’héro.ïne. Voici quelques points intéressants qui ont été soulevés :

  • Agota: Elle est hongroise, où les mères travaillent. En Suisse elle a dû rester à la maison durant cinq ans. Elle a lancé une initiative pour aider les mères à se réinsérer dans le marché du travail.
  • Ruby: Il est dur pour les femmes de se considérer comme une priorité, particulièrement en Suisse où on ressent vite la culpabilité de « négliger » ses enfants.
  • Angela: Les héro.ïne.x.s sont vulnérables, sensibles et empathiques dans le vrai monde. Iels font de grandes comme de petites actions pour maintenir l’équilibre du monde et savent très bien pourquoi iels le font.
  • Marthe: Elle est très fier de n’avoir jamais répondu aux attentes de quiconque. Son parcours de vie est inattendu et non-conventionnel.
  • Adam: Un.x.e héro.ïne.x l’est dans l’œil de cellui qui la.le regarde. Il est fier d’avoir dû être le « conjoint accompagnateur » de sa femme lorsqu’elle a obtenu un emploi en Suisse et d’être un père au foyer.

Puis, les intervenant.e.s furent questionné.e.s sur le plus gros défi qu’iels ont eu à surmonter. Voici quelques points:

  • Agota: Faire comprendre aux mères que_un changement sociétal nécessite une action conjointe_.
  • Ruby: Étant originaire d’Inde, toustes ses proches étaient convaincu.e.x.s que la vie en Suisse serait comme un conte de fées pour Ruby. Quand elle s’est sentie prise au piège et perdue, quand elle regrettait de ne pas avoir de travail, elle ne pouvait pas se confier et a dû régler ses problèmes seule.
  • Angela: Se donner la permission de gagner son salaire via une activité qu’elle apprécie. Elle avait été coach personnel bénévolement durant dix ans, aujourd’hui elle dirige sa propre affaire de coaching.
  • Marthe: Être au chômage pour la première fois et ne pas avoir de raison de se lever le matin ni d’être active.
  • Adam: Devoir jongler entre différents rôles, et dans le pire journées se sentir comme si on échouait à chacun d’eux. Il mentionne également à quel point les compétences acquises en éduquant des enfants sont sous-estimées dans le marché de l’emploi.

Conférence: Suivez la carrière de vos rêves

Prof. Anna Fontcuberta i Morral

Anna Fotcuberta i Morral est professeur à l’EPFL ainsi que la présidente de la Wish Foundation. Elle a parlé du chemin qu’elle a suivi pour arriver où elle en est et a donné quelques conseils aux personnes désireuses de se lancer à la poursuite de leur rêve.

Ses conseils:

  • Cherchez des modèles, de l’inspiration, des mentors (durant cinq minutes de votre vie).
  • Ayez des objectifs atteignables, des buts qui vous permettront de forger votre confiance et qui vous en apprendront plus sur vous-même.
  • Travaillez dur pour vous épanouir.
  • Avancez petit-à-petit, une progression lente reste une progression.
  • Voyez l’échec comme une étape nécessaire et apprenez à vous en relever.

Elle a également mentionné sa gratitude envers sa naïveté qui l’a rendu capable de se cramponner à ses idéaux sans se faire ralentir.

Des difficultés qu’elle rencontre souvent en travaillant pour la fondation Wish:

  • Vous pourriez avoir des préjugés inconscient sur vous-même qui pourraient ralentir votre progression.
  • Les étudiantes souffrent souvent du syndrome de l’imposteur et cherchent des excuses à leur propre succès.

Présentation: Les pionnier-ère.x.s modernes

Nicole Schwab, Bettina Palazzo, Alma Moya Losada, Daniel Eisenhut

Daniel Eisenhut est un artiste qui a travaillé à plusieurs reprises sur des groupes marginalisés et qui travaille actuellement sur le projet « 1000 Leaders ». Il a commencé par demander à certaines femmes leaders de son réseau s’il pouvait dessiner leur portrait sur leur lieu de travail. Le projet a pris de l’ampleur, et il y a maintenant une centaine de portraits. Il a évoqué le fait que lorsqu’il a demandé à des femmes dirigeantes de lui parler de leurs succès, ce qu’il voulait, ce qu’il attendait, en tant qu’homme, c’était des succès individuels, mais elles lui ont parlé de réussites d’équipe. Plutôt que de parler de leaders masculins et de leaders féminins, il pense que nous devrions penser en termes de styles de leadership masculins ou féminins. Selon lui, nous avons « épuisé » le leadership masculin et nous devons rééquilibrer la balance.

Bettina Palazzo est chercheuse, consultante et enseignante en éthique des affaires et en responsabilité sociale des entreprises. Elle explique que le problème d’un leadership plus éthique (ou plus vulnérable, féminin) vient du manque de compréhension de l’éthique des affaires dans la société en général, par exemple la croyance erronée que pour changer le fonctionnement d’une entreprise il suffit de changer quelques personnes au sommet sans regarder le contexte. Même au sein des entreprises, elles acceptent de mettre en place des mesures pour rendre le leadership éthique mais ne changent pas le système de motivation dans leur entreprise, de sorte que les gens subissent le même type de pression et font les mêmes erreurs encore et encore.

Alma Moya Losada est la fondatrice d’Aequaland, une start-up qui développe une application avec des histoires interactives pour apprendre aux enfants que les résultats de leur vie et leur caractère ne sont pas déterminés par leur genre. Par exemple, ils utilisent des formes comme personnages pour montrer aux très jeunes enfants que la diversité est importante car elle permet la complémentarité. De nombreux points qu’elle a soulevés concernaient l’importance du langage et de la communication, et le fait que les mots peuvent avoir des significations différentes selon les personnes. Un exemple qui a été discuté est le mot « féminin », qui est lié à de nombreux stéréotypes mais qui peut être utilisé de différentes manières.

Nicole Schwab, une autrice et entrepreneure sociale, qui a conclu en demandant à chaque présentateurice: Selon vous que signifie être un pionnier-ère.x moderne ? Voici leurs réponses:

Daniel: Confronter la peur.
Bettina: On découvre de nouvelles choses, c’est une bonne expérience.
Alma: Le future n’est pas un endroit où l’on va, c’est un endroit que l’on construit.

Présentation: Trouvez votre propre style de leadership

Petya Barraud, Ann Wood, participation de l’audience

Petya et Ann ont posé au public deux questions sur notre propre expérience du leadership, et nous y avons répondu par paires. Tout d’abord, elles nous ont demandé d’imaginer une situation où nous avons fait preuve de leadership, et où notre idée a été acceptée au détriment de certaines autres. Ensuite, ils nous ont demandé de revenir sur cette situation et d’établir quel style de leadership nous avions utilisé. Voici les cinq styles de leadership qui nous ont été présentés :

  • Autoritaire – Dire aux autres ce qu’iels doivent faire.
  • Démocratique – Discuter, écouter l’opinion de chacun.e.x, procéder à un vote.
  • Laisser-faire – Déléguer et être présent pour appuyer le groupe déjà compétent.
  • Transformatif – Use de son charisme, motive les autres, est authentique, se concentre sur la situation dans son ensemble.
  • Situationnel – Mixe différents styles de leadership.

Ils nous ont également demandé de garder à l’esprit que le « leadership est un processus », que même les grands leaders continuent d’en apprendre chaque jour, que la plupart des décisions sont prises en petits groupes et non par une seule personne, et que chaque jour, nous participons tous à des décisions où le leadership se manifeste.

Final

Sara Mayenfisch, Robin Bartholini, Aubane Guex, Joachim Guex, Lorie Guillod, Dylan Monnard, Rafael Loretan

Le groupe d’élèves du Conservatoire de Lausanne a conclu l’événement en jouant quelques chansons qui, d’après eux, pourraient nous inspirer à travailler ensembles et nous serrer les coudes encore plus.

Conclusion et choses à retenir

De nombreuses expériences partagées au cours de l’après-midi ont mis en évidence la vision encore traditionnelle de la structure familiale en Suisse. En entendant cela, j’ai passé en revue les familles que je connais et me suis rendue compte que, le plus souvent, la mère est restée à la maison pendant très longtemps après avoir eu des enfants, ou l’est encore, même si les enfants sont maintenant adultes.

Le choix des panélistes était d’une diversité rafraîchissante, mais quels que soient le milieu, l’âge, le genre, les origines, etc. de la personne, j’ai réussi à me connecter à au moins une des choses que chaque intervenant.e a dites. Au-delà de la façon dont les mots définissent chacune de ces personnes, il y avait toujours un désir de partager une expérience pour permettre aux autres d’en tirer des leçons, ou pour les aider à se sentir moins seuls.

La discussion a souvent souligné que les traits de caractère associés aux stéréotypes féminins étaient souvent considérés comme négatifs, mais que cela doit changer et que nous devons permettre à nos dirigeant.e.x.s d’être plus « féminins », quel que soit leur genre.

Les discussions m’ont également rappelé l’importance de travailler ensemble. Que ce soit dans un couple, dans une famille, au travail ou avec des personnes qui partagent votre point de vue. Bien sûr, il y a encore beaucoup de travail à faire, mais je n’ai pu m’empêcher de sortir de cet événement avec un sentiment positif et enjoué.


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